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Le Silence des prophètes. La falsification des Ecritures et le destin de la modernité
Margel Serge
GALILEE
Ouverture § 1 - Depuis plus d'un siècle, et quels que soient les enjeux du discours, on aura défini les Temps modernes de plusieurs manières: l'autonomie du politique et de la volonté, les lumières de la raison, le pouvoir de la représentation ou la constitution démocratique de l'Etat. Mais c'est aussi la crise des autorités religieuses. Certes, une crise qui n'a pas attendu le XVIe siècle et la Réforme pour s'étaler au grand jour, mais une crise néanmoins dont la modernité va s'emparer pour affirmer justement une nouvelle ère, un nouvel homme, une nouvelle conscience sociale et individuelle. En ce sens, le grand projet de la modernité serait l'investissement d'une crise religieuse, une crise interne à l'autorité de toute institution sociale, pour instaurer une division radicale entre le pouvoir théologique de l'Église et le pouvoir politique de l'État. C'est l'événement bien connu d'une distinction des pouvoirs et la soumission progressive du théologique au politique, qui structure encore de l'intérieur le champ de notre société. Toute l'histoire de la modernité, de la Réforme au milieu du XXe siècle, pourrait se lire en effet comme un grand débat sur la division des pouvoirs. Un débat entre conflit et compromis, à vrai dire, où s'est formé un axe entre deux interprétations du pouvoir, deux conceptions qui ouvrent et tout à la fois referment le discours anthropologique de la modernité. D'un côté, une séparation entre le théologique et le politique, pour une autonomie des pouvoirs, de l'autre une sécularisation du théologique au politique, pour un transfert des pouvoirs. Indéniablement, ce qui lie ou sépare ces deux registres du pouvoir s'inscrit dans un certain contexte d'historicité. D'un côté, ces deux régimes se constituent en fonction d'une crise religieuse, propre au judéo-christianisme, mais de l'autre, ils reconduisent à eux seuls ou reconfigurent toute l'histoire religieuse de la crise. Et selon l'hypothèse que j'aimerais démontrer, l'événement de cette crise concernerait directement la question du prophétique. À vrai dire, la crise des institutions et la division des pouvoirs, dans l'histoire de l'Occident, seraient liées à la disparition d'une parole prophétique, au rejet d'une voix tierce et dissidente, entre le théologique et le politique, donc au refoulement d'une parole qui dénonce tout abus de pouvoir et toute appropriation des volontés divines. Cette crise de légitimité ou de crédibilité est sans doute aussi vieille, sinon plus vieille encore, que le christianisme lui-même. Non seulement le pouvoir de la Rome impériale a été touché au coeur de ses institutions, mais cette crise devait surtout frapper le peuple hébreu d'un exil sans retour. Une crise en tout cas qui concerne la figure du prophète, ou la fonction prophétique d'une médiation, entre les deux régimes du pouvoir. En ce sens, s'interroger sur la disparition d'une parole prophétique, c'est finalement questionner les fondements politiques d'une crise du religieux.
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EAN
9782718607252

Caractéristiques
EAN | 9782718607252 |
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Titre | Le Silence des prophètes. La falsification des Ecritures et le destin de la modernité |
Auteur | Margel Serge |
Editeur | GALILEE |
Largeur | 150mm |
Poids | 494gr |
Date de parution | 19/10/2006 |
Nombre de pages | 273 |
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