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L'invention de la nature. Les quatre éléments à la Renaissance ou le peintre premier savant

Laneyrie-Dagen Nadeije

FLAMMARION







Extrait



CE LIVRE N'EST PAS DÉDIÉ À GASTON BACHELARD.
Il n'entend pas mener une psychanalyse des éléments. Consacré à une époque - les XIVe-XVIe siècles - qui voit basculer le système de la représentation du signe vers la description, il veut examiner comment les peintres ont donné corps à des concepts constitutifs d'une vision du monde, les éléments, pour les traiter comme des réalités concrètes. Comment l'eau est devenue ruisseau, pluie ou vague. Comment l'air, domaine du circuit éternel des planètes et de Dieu accompagné de ses anges, s'est fait lieu météorologique parcouru de nuages (cumulus, nimbus...). Comment le feu s'est métamorphosé en flamme et la terre en rocher où le pied se blesse ou en boue où il s'enlise.
L'ouvrage a donc pour sujet le paysage. Pour que celui-ci commençât à exister, pour qu'il s'épanouît et s'imposât comme genre, il fallait que les cadres de la nature fussent mis en place. Se donner pour sujet un paysage «avec le vent et l'eau, au lever et au coucher du soleil» (comme le veut Léonard) ou encore un orage (Giorgione) supposait que les artistes eussent renoncé aux fonds d'or, uniformes ou scandés de motifs décoratifs propres à l'art du Moyen Âge, et qu'ils leur eussent substitué un ciel. Représenter la campagne, c'est-à-dire des prés, des arbres et des «fabriques» - ou maisons - exigeait que se fût affirmé picturalement un terrain, autrement dit que fussent résolus des problèmes de perspective, mais aussi identifiées des formes, la morphologie de montagnes, de vallées ou de plaines, le cours d'un fleuve ou un rivage marin. Étudiant les herbiers et les calendriers médiévaux, l'historien Otto Pächt a montré que c'est en reproduisant les motifs minuscules de la nature - les plantes puis les animaux - que les artistes ont commencé à peindre le monde de façon réaliste'. Le propos, ici, sera inverse : ce sont les structures générales du paysage - l'architecture de la nature - qui retiendront notre attention.
Ce livre traite d'histoire des formes. Au XIVe siècle et au début du XVe siècle, s'invente une manière de peindre qui vise à représenter le monde tel qu'il est, à donner l'illusion de la réalité : un style naît, fondé sur l'imitation de la nature (mimèsis). Son principe rompt avec les préoccupations des maîtres antérieurs. Ceux-ci se satisfaisaient de figurer des signes : un ruban festonné pour les nuées, une bande rectiligne horizontale pour le sol. À partir de la fin du Moyen Âge, les peintres ont à inventer ou plutôt à réinventer - sans modèle car la peinture antique est alors oubliée - un langage approprié. La différenciation d'une eau courante et d'une eau stagnante, l'évocation d'un feu qui ait l'air d'éclairer et de brûler, avec de la cendre sur le sol et de la fumée dans l'air, témoignent du passage d'un lexique symbolique à un vocabulaire réaliste, passage lent et progressif, fait de conquêtes et de repentirs.



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EAN
9782081237995
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